
Aman, le Royaume Béni, où vivent dans l’oisiveté les Valar en leur ville de
Valinor, l’Olympe tolkienien si l’on peut le nommer comme tel. Aman qui abrite
Valmar et le Taniquetil, qui abrite ces courts tranquilles et bien entretenues,
ces grandes et austères halles et cette terre de forêts qu’aucune présence
mortelle n’a jamais foulé. Les blessures du temps ne sont pas visibles en ce
lieu, et seules les histoires de l’Ancien Temps le chante dans les terres
au-delà de la Mer aux Elfes, Nains et Hommes. Un Royaume où contrastes et
guerres sont inconnus, et que personne, ni même Melkor et ses légions, n’ont
jamais eu le courage d’affronter ouvertement où de s’y aventurer, le long des
côtes d’Eldamar.
Dans toute l’Histoire d’Arda, il y eu seulement un souverain qui, de manière
certes funeste, se dressa contre Aman. Celui-ci se faisait appeler Ar-Pharazôn,
“le Doré”, vingt-cinquième et dernier Roi de Nùmenor. Mais avant de raconter les
évènements survenus lors de l’expédition qui, en l’an 3319 du Second Age part du
port numénoréen, de ses voiles noires et dorés, il est nécessaire d’introduire
un préambule concernant la vie de l’orgueilleux et téméraire souverain. La
lecture du Silmarillion nous permet de cerner assez rapidement la nature du
personnage, avant déjà qu’il n’empoigne le sceptre et ne s’asseye sur le trône
d’Arménélos, usurpé, épousant de force la souveraine légitime Miriel et prenant
le titre de Ar-Pharazôn.
Ce fut le plus puissant et orgueilleux chef que le règne ait jamais connu et
son action restait strictement centrée sur la guerre. Aucun souverain de l’époque
ne pouvait lui tenir tête et lorsqu’il appris l’existence de Sauron en Terre du
Milieu, qui se déclarait de plus “Roi des Hommes”, le monarque se mit en colère,
et avec ses puissantes flottes débarqua en Terre du Milieu. Sur une colline il
installa son camp et son trône, exigeant la venue de Sauron dans les plus brefs
délais. Or celui-ci n’attendais que cela, avoir la possibilité d’interférer dans
la politique de Numenor. Ainsi sa venue se fit sans tarder, et il se présenta
faisant acte de soumission; et utilisant force flatteries et abileté, Sauron
réussit à obtenir ce qu’il voulait.
Donc Ar-Pharazôn, fort de sa victoire, retourna en sa capitale de Numenor,
emmenant avec lui Sauron prisonnier (nous somme en 3262 SA). Assez rapidement,
grâce à son astuce, Sauron de prisonnier devint intime du Roi. On ne peut
justifier une telle erreur, mais il y a de nombreuses explications: l’ambition,
la soif de pouvoir et l’orgueil démesuré de Ar-Pharazôn, conjugués aux pensées
qu’instillait Sauron dans son esprit l’emmenèrent à sa perte. Au fur et à mesure
que les années passaient, le souverain devenait de plus en plus faible et Sauron
de plus en plus puissant, tenant entre ses mains le destin du régent et de
Numenor; on peut affirmer que ce n’était plus le Roi qui gouvernait le pays,
mais Sauron.
Et ce fut de cette manière que Sauron réussit à dresser Ar-Pharazôn contre
les Valar, en lui faisant croire de sa voix affable que seul lui était le “Roi
des Rois”, qu’il ne pouvait se permettre de laisser les Terres Immortelles aux
mains des Valar et qu’en possédant ces terres il deviendrait immortel à son
tour; et qu’il serait dix, cent fois plus puissant que Manwë. Convaincu par de
tels propos, le souverain pris de folie traversa la mer à bord d’Alcarondas
“Chateau de la Mer”, suivi par la majeure partie de l’armée, en vue d’une
confrontation qu’il était sûr de gagner, la destination étant naturellement Aman
et l’objectif les Valar. Mais pendant que l’armée campait, Manwë invoca Iluvatar
qui, s’en avoir aucunement besoin de troupes, fit d’abord disparaître Numenor
sous les eaux puis ensevelit le Roi et son armée pour toujours, sur les rives de
Valinor.
Dans
aucun chant on avait jamais parlé et on ne parla plus d’un homme semblable en
puissance à Ar-Pharazôn; toutefois l’ambition l’envoya à sa perte, au plus
profonds des abysses ténébreuses de la colère d’Iluvatar.
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Reference:
Silmarillion
Emanuele "Theoden" Scalzo; traduction:
Anthony "Falassar"